Frapper l’imaginaire, s’échapper du quotidien et se laisser bercer aux confins de nos rêves… Entre surréalisme et monde orinique, le talentueux artiste digital Zak Eazy ne laisse pas indifférent. Ses pinceaux à lui, c’est son ordinateur paré de Photoshop, son logiciel de prédilection. Aux quatre coins du globe, le jeune artiste lillois de 25ans redessine monuments et architectures, partageant sa réalité alternative et sa vision unique et singulière du monde. Portrait.

S’évader pour mieux créer

2016 – lundi 7h15 : Casquette vissée sur la tête, un brin désabusé, Zak Eazy est avachi sur le siège passager. Le train s’agite mécaniquement et les paysages défilent à toute vitesse à travers le hublot. L’esprit englué par cette routine matinale Lille-Paris qui s’éternise, il tire donc le clapet de son ordinateur et commence à pianoter sur Photoshop. Il façonne une réalité alternative sur son écran, un monde parallèle peuplé de son quotidien et de ses rêves sublimés. Chef de projet graphiste en CDI depuis 3 ans, l’artiste en sommeil originaire de Roubaix songe alors à devenir freelance et démissionner.

Retrouver sa liberté

Sa création « Freedom, freelance, freestyle » retrace ce point culminant d’existence : « J’étais dans une véritable tempête intérieure. J’avais besoin d’une échappatoire à ce monde de travail. La Vieille Bourse de Lille est représentée comme un trésor, à l’intérieur, une île paradisiaque se révèle, aidée par trois colombes. Cette île, c’est le potentiel tapis au fond de moi, une explosion de créativité qui ne demandait qu’à s’exprimer et se révéler au monde ». Nous sommes alors en 2017. À l’aube de son 23ème anniversaire, Zak Eazy laisse enfin éclater ce volcan en sommeil pour embrasser ce qui le fait pleinement vibrer : partager sa propre vision du monde et s’éclater sur Photoshop.

Créations oniriques aux accents surréalistes

2020 – 00h02 : Sa créativité désormais en roue libre, Zak lutte contre la fatigue tapis aux creux de ses paupières. Au périple de nuits blanches, il décortique la palette Photoshop, absorbé dans ce qui est devenu son terrain de jeu favori. La Porte de Paris les pieds dans l’eau traversée par des baleines, le Beffroi de la chambre des commerces enlacé d’une pieuvre tentaculaire, une girafe surplombant la végétation luxuriante de la Vieille Bourse de Lille ou encore des flamants roses traversant paisiblement la place du général-de-Gaulle… En plein confinement, ces places et monuments emblématiques dans lesquels la nature a repris les rênes, sonnent comme des fenêtres salvatrices au coeur de nos quotidiens cloisonnés.

De l’ombre à la lumière

Juin 2021 : Presque 12 000 abonnés sur Instagram… Ses nuits blanches à se gaver de tutoriels et de formations en ligne ont enfin payé. Ce qui était un amusement s’est mué en vocation. « Photoshop is my playground, living in the clouds », dépeint sa description. Qui aurait cru que cet ancien gamer trouverait mieux que les jeux vidéos ? En quelques clics, c’est l’évasion assurée : voyageant aux tréfonds de son imaginaire, il explore des versions inattendues du monde. L’artiste autodidacte se souvient lorsque Photoshop l’a invité à collaborer pour la première fois. « Je faisais partie des 10 artistes qu’ils avaient sélectionnés. C’était un accomplissement d’entrer dans cette team de graphistes que je suis depuis des années ! » S’en suivront d’autres collaborations avec le géant Adobe et des enseignes telles que Décathlon ou encore la Ville de Lille.

Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles.

Oscar Wilde

Des mondes uniques et fantastiques

Est-ce un hasard si celui qui voulait devenir architecte étant petit se plaît à remodeler les villes aujourd’hui ? Si Zak Eazy est en fac d’art lorsqu’il cueille l’inspiration qui imprégnera ses oeuvres : « Salvador Dali était ma révélation, le surréalisme m’a beaucoup inspiré », ce doux rêveur était déjà tombé dans la marmite étant petit… « C’est mon père, peintre et dessinateur à ses heures perdues qui m’a transmis la fibre de l’art. À l’âge de 3ans, il m’a donné un papier, un crayon et je devais l’imiter. » Il crayonne alors des mondes imaginaires, sortis du voile cotonneux de son esprit d’enfant puis d’adolescent rêveur. « J’ai toujours adoré transformer mon quotidien en monde unique et fantastique… Puis je suis passé du papier à Photoshop, l’irréel me semblait encore plus réel ainsi. »

Des énigmes à décrypter

Un brin modeste et mystérieux, Zak Eazy préfère rester caché derrière son pseudonyme et la toile d’Instagram pour le moment. Un voile de mystère revêtu même au sein de ses créations… Pour elles, il a inventé un nouveau langage, constitué de symboles dont lui seul a le secret ! Objets volants, paysage lunaire et aérien, animaux sauvages et végétation luxuriante… Ses oeuvres brossent des architectures à la frontière du réel et de l’imaginaire, comme pour laisser à chacun la liberté de se les approprier : « On voit souvent mes créations comme oniriques et fantastiques ou comme la fin du monde, l’apocalypse. C’est intéressant d’observer les perceptions de chacun, parce que derrière chacune des créations, il y a un message, une histoire à raconter. » Histoire qu’il compte bien dévoiler prochainement dans un livre, levant ainsi l’énigme qui entoure certaines de ses créations !

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la découverte de mondes inconnus.

Une liberté sans limites

Dubaï – août 2021 : À dos de son jet ski, Zak vogue à pleine allure. Volant au-dessus des vagues, seuls obstacles à sa vitesse, il se sent plus vivant que jamais, plus libre qu’un oiseau. La mer, tout comme sa créativité, n’ont plus de limites. Bali, Tanzanie, Portugal, Italie, Dubaï… La liberté chevillée à l’âme, l’amoureux des voyages ne tarde jamais à frôler les nuages, bercé par les ailes mécaniques d’un avion. Son besoin de variété, sa soif perpétuelle de sens, le poussent sans cesse à revêtir son sac à dos, le remplir d’excitations, d’aventures, libérer son esprit intrépide et cueillir une créativité nouvelle, au-delà de toutes contraintes.

Explorateur du réel, il parcourt alors le monde comme pour mieux le magnifier, réinvente les architectures, les monuments et partage sur Instagram un morceau de ses épopées. « Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la découverte de mondes inconnus. Cette sensation de liberté de pouvoir aller où l’on veut, découvrir de nouvelles cultures, de longues histoires derrière des architectures… Je voudrais ne jamais m’arrêter ! »

Rêver le monde pour mieux le sublimer

Garder son âme d’enfant et s’émerveiller chaque jour de ce qui nous entoure, paré de lunettes imaginaires, percevoir l’extraordinaire dans l’ordinaire… La tête dans les étoiles et les pieds sur terre, ce pilote de mirage digital nous rappelle de garder les yeux grands ouverts, car « parfois un trésor se trouve juste là, sous nos yeux ». Tout n’est qu’une question de perception. Les rêves, seuls espaces de liberté et d’expression totale sont à la portée de clics, et la créativité, voie royale vers une autre version du réel, permet de les matérialiser et d’impacter notre réalité.