Les deux caps à Bicyclette !

C’est tout nouveau et franchement idéal pour découvrir les multiples facettes de la terre des 2 Caps. Depuis la mi-juin, la Forteresse de Mimoyecques propose à la location VTT, VTC et même triporteur électriques. Nous avons testé !

Sébastien Hamelin

Il est 10 heures lorsque nous rejoignons la forteresse de Mimoyecques à Landrethun-le-Nord, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une certaine exaltation étreint notre équipe. Pouvoir sillonner les monts et vallons qui font la beauté de cette terre classée Grand Site de France, sans craindre pour nos mollets « trop peu » entrainés, voilà un rendez-vous qui donne le sourire. Marlène et Sophie de l’office de tourisme nous ont concocté un périple de 28 kilomètres pour que nous puissions vous livrer notre regard sur leur territoire et partager nos émotions. Quelle chance !

Sébastien Hamelin

LA FORTERESSE DE MIMOYECQUES

Avant d’enfourcher le bicycle, une halte à la forteresse s’impose. Surnommée le « canon de Londres », elle est l’un des édifices les plus impressionnants imaginés par Hitler à quelques pas seulement des caps Gris-Nez et Blanc-Nez. Cette base souterraine, si paisible aujourd’hui, devait servir à l’installation du canon V3, destiné à détruire la capitale britannique… Dans les 600 mètres de galerie, on découvre cette machination à peine croyable au travers d’un film et d’une exposition. Frappée par la Royal Air Force en juillet 1944, la base de Mimoyecques n’a finalement jamais pu servir ce projet funeste. Si les faits décrits donnent à réfléchir, on se réjouit de voir à quel point la nature a repris ses droits. L’hiver, quelque 400 chauve-souris, issues de 12 espèces, trouvent ici le gîte et le couvert !

Sébastien Hamelin

QUE LA CAMPAGNE EST BELLE

Après quelques indications sur l’utilisation de nos vélos, nous voilà partis en direction du Mont de Couple. A peine sortis de la Forteresse, Marlène nous partage l’une de ses bonnes adresses. Dans le hameau de Bainghen, nous longeons la ferme Mionet. Aurélie, Marie-Claire et Jean-Louis y transforment le lait de leurs Holstein en succulentes crèmes glacées. Leur ferme ouvre ses portes au public pour partager un savoir-faire transmis de génération en génération. La tentation est forte, on se promet de revenir ! A Leubringhen, les sentiers champêtres succèdent à la route bitumée. La campagne révèle ses plus beaux atours. Des champs de blé, de colza ou encore de lin… Nos sens sont en émoi ! Au loin, on identifie le Mont Roland ainsi que les carrières de Marquise qui font depuis bien longtemps la réputation du territoire.

Sébastien Hamelin

LE MONT DE COUPLE

Le Mont de Couple se dessine peu à peu. Au sommet, l’émotion est palpable. Les rires se font plus rares tant la vue délivrée nous laisse bouche bée. A 164 mètres de hauteur nous sommes au point le plus haut de la terre des 2 Caps. Au nord, l’antenne du Mont d’Hubert et l’Obélisque du Cap Blanc-Nez se signalent. Au sud, les toits rouges indiquent le village de Wissant que nous nous apprêtons à rejoindre. La mer se confond, quant à elle, avec le ciel… Nous posons les vélos pour profiter de ce temps suspendu.

Joseph, un promeneur venu de Mons en Belgique, s’amuse à scruter la table d’orientation. 200 kilomètres le séparent de sa maison ! Chaque année, il vient se ressourcer ici pour profiter des bienfaits de la campagne et de la mer.

Comme on le comprend ! Site protégé, le Mont de Couple se distingue par une faune et une flore étonnantes. Orchidées et primevères sauvages se perdent dans les tapis verts. Quelques vestiges de la Seconde Guerre mondiale se cachent sous les talus, comme pour nous rappeler que la quiétude qui règne ici, se savoure…

Sébastien Hamelin

CAP VERS WISSANT

11h30, l’heure de reprendre la route. A Wissant, notre guide tient à s’arrêter devant la villa Ste Marie des Fleurs. L’ancien atelier du peintre Fernand Stievenart puis de Paule Crampel, accueille désormais les voyageurs venus profiter des charmes du village. Comme Berck-sur-Mer ou encore Etaples, Wissant fut un fabuleux foyer de création artistique à la fin du XIXe et au début du Xxe siècles. Nombreux sont les peintres à être venus se mêler aux pêcheurs pour immortaliser des scènes de vie et ces paysages aux lumières fascinantes. La verrière de la villa, encore visible aujourd’hui de l’extérieur, était orientée au nord pour pouvoir profiter de ce jeu de lumières incessant. Une poignée de villas ayant appartenu aux peintres de l’Ecole de Wissant subsistent ça et là dans la commune. Parmi elles : le célèbre Typhonium qui a servi de décor à Ma Loute, film de Bruno Dumont.

Sébastien Hamelin

SUR LES PAS DES PÊCHEURS

Pour rejoindre la digue, nous passons par le Courgain, l’ancien quartier des pêcheurs. Quelques flobarts, bateaux à fond plat typiques de la côte d’Opale, sont encore soigneusement stationnés dans les cours. Si le dernier pêcheur professionnel du village a arrêté son activité il y a deux ans, la tradition reste vivace, et il n’est pas rare de voir ces jolis bateaux prendre le large. Il règne une ambiance vraiment singulière au Courgain. Les petites maisons de pêcheurs semblent parfaitement entretenues. Wissant conserve un charme authentique et tient dur comme fer à son passé maritime. On s’étonne devant les vestiges d’un manoir tombé en désuétude (construit sur l’ancienne maison de Valentine Pepe) puis on s’émeut devant la restauration d’une maison de pêcheur par l’association Flobart des Deux Caps. On y découvre de façon inattendue la vie des marins autrefois…

Sébastien Hamelin

UNE PLAGE UNIQUE

Enthousiasmés par toutes ces découvertes, nous choisissons de pique-niquer sur la plage. La marée est basse, l’immensité du site provoque, une fois encore, l’étonnement. Parce que oui, nous la connaissons bien cette magnifique plage de Wissant. D’un côté : le Gris-Nez, de l’autre : le Blanc-Nez… On ne se lasse pas de cette vue incroyable tant de fois immortalisée par les photographes. Douze kilomètres séparent les deux monstres sacrés.

Sébastien Hamelin

UN BEAU PATRIMOINE RURAL

Le retour par la campagne achève de bien jolie manière la balade. Les maisons de pêcheurs laissent place à de magnifiques fermes boulonnaises comme celle d’Inghen, dont nous traversons la cour, avec son pigeonnier remarquable ! Un peu plus haut dans le village de Tardinghen, la ferme Belle Dalle abrite la brasserie des Deux Caps, incontournable sur le secteur. Certaines ont été transformées en gîte pour le plus grand bonheur des voyageurs. C’est le cas par exemple de la ferme Rose
à Audembert, nichée au creux d’un vallon et bordée de haies vives… De ce périple, nous retiendrons bien sûr le caractère sauvage et authentique de la contrée. Nous retiendrons aussi que derrière les magnifiques plages se cache une campagne vallonnée pleine de charme. Il existe mille et une façons de découvrir la terre des 2 Caps. Nous avons opté pour le vélo électrique mais sachez que les sentiers de randonnée, qu’ils soient pédestres ou cyclo, maillent l’ensemble du territoire…

 

Plus d’infos : Office de Tourisme de la Terre des 2 Caps, place de la Mairie à Wissant, tél : 03 21 82 48 00 – www.terredes2capstourisme.fr.
Possibilité de louer des vélos électriques à la Maison du Site des 2 Caps :
Rue de la Cense, 62179 Audinghen

et à la Forteresse de Mimoyecques, située sur la D249 à Landrethun-Le-Nord tél : 03 21 87 10 34 – www.mimoyecques.fr

Publié le 21/06/2018 par Elise Bastien
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