Justin Weiler

Justin Weiler, l’alchimiste du clair-obscur

Créer de la confusion. Jouer avec les paradoxes. Brouiller les pistes. À l’ambiguïté de la photographie, son œuvre illustre le champ de l’indicible. Dans une frénésie compulsive, Justin Weiler compose une partition silencieuse. Comme une suspension du temps, dans un monde troublé et impertinent.

L’art contemporain captive, déstabilise, émeut. Rares sont les œuvres qui ne provoquent pas une émotion particulière. Celle de l’artiste Justin Weiler ne déroge pas à la règle. Entre ombre et lumière, opacité et transparence, noir et blanc, son univers est insaisissable, énigmatique, angoissant.
À 31 ans, l’artiste se joue des codes habituels de la peinture pour nous plonger dans les affres de notre existence. Son obsession pour le monochrome le conduit à révéler la lumière par strates successives étalées sur le verre. Un jeu de contraste et de superposition s’opère. La vision se brouille, les sentiments se bousculent, le doute gagne l’esprit. Sortirons-nous indemnes de ce dédale anxiogène ? 

Ici, l'artiste a superposé des couches de blanc de Meudon, pour laisser transparaître différents niveaux de blanc.

Je cherche à transmettre une émotion, qui serait difficilement perceptible avec des mots.

Rupture contemplative

Puisant son inspiration au cours de ses voyages et déambulations dans les rues, Justin Weiler s’intéresse à la question du seuil, du passage entre l’intérieur et l’extérieur. À Chypre, il observe la devanture des commerces, pose son regard sur les vitrines puis s’attarde sur les stores. 

Est-ce un monde parallèle ? Un lieu intermédiaire ? De quel côté sommes-nous réellement ? Des interrogations qui se traduisent par un remarquable travail pictural où l’artiste révèle la lumière par touches de faisceaux. En résidence à Beyrouth, l’ancien étudiant des Beaux-Arts rencontre à nouveau ces rideaux de fer, cette fois-ci troués d’impacts de balles. De retour en France, il retranscrit sur papier des lignes horizontales, ponctuées de tâches noires. Une claque visuelle dont la brutalité nous heurte. À l’instar de la lumière, l’espace occupe également une place majeure dans son œuvre, que le jeune plasticien exploite sous différents formats. Comme cette serre en verre dont les traces suggèrent la récurrence des gestes de recouvrement – procédé cher à l’artiste. 

stèles verticales
Dans ce labyrinthe de stèles verticales et monumentales, le visiteur déambule entre ombre et lumière, reflet et transparence.

En quête d'émancipation

En proie à des difficultés scolaires, Justin Weiler emprunte très jeune un chemin artistique, en s’initiant à l’art du modelage en autodidacte. Au lycée, sa rencontre avec le dessin sera immédiatement fusionnelle. Dyslexique, la peinture à l’huile lui ouvrira la voie à un autre langage, du moins en partie. Au bout de six ans de pratique, l’artiste comprendra que ce médium ne lui suffira pas à s’exprimer pleinement. Il rompra de manière brutale pour inventer sa propre gamme. Depuis quelques années, cette infatiguable tête chercheuse s’approprie d’autres matières comme l’encre de chine ou le blanc de Meudon. Une infinité d’accords composent désormais sa partition. “Je travaille sur plusieurs œuvres en même temps. J’ai besoin de confronter mes gestes pour nourrir ma technique et créer une tension”, souligne-t-il.
Pour lui, la notion du figuratif ou de l’abstrait importe peu. “Je cherche à transmettre une émotion, qui serait difficilement perceptible avec des mots.” À l’échelle du paysage – son prochain fantasme – et face à la beauté du geste artistique, l’émotion pourrait presque dépasser l’entendement

J’ai besoin de confronter mes gestes pour nourrir ma technique et créer une tension.

Artiste émergent diplômé des Beaux-Arts de Nantes et de Paris, Justin Weiler peut s’enorgueillir d’un beau palmarès du haut de ses 31 ans : lauréat d’une douzaine de prix, son travail a également été exposé aux qu’âtres coins de l’Hexagone, au Luxembourg, à Chypre et en Chine. Pour l’édition 2022 de la foire d’art contemporain de Lille, il sera représenté par la galerie lilloise Provost-Hacker.

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