Marquenterre et Grand-Laviers : les rendez-vous nature

Et si l’on se rêvait oiseau ? Si, le temps d’une visite au Parc du Marquenterre ou à la réserve du Grand-Laviers, on s’éprenait de ces espaces de liberté entre ciel, terre et eau, et l’on s’imaginait, filant vers le nord à la saison chaude, s’envolant vers des contrées plus clémentes lorsque décline l’été ? Envolez-vous avec nous vers ces destinations d’exception…

Teddy Henin

Teddy Henin

LE MARQUENTERRE, RÈGNE DE LA DIVERSITÉ

L’endroit est saisissant. Entre dunes et marais, prairies et roselières, de vastes étangs reflètent les couleurs changeantes du ciel. Au bout de l’horizon, la mer roule ses vagues d’opale. Ici, odeurs iodées et balsamiques se mélangent en un cocktail revigorant.

 

DONNER LE GOÛT DE LA NATURE

Jumelles autour du cou, (la location est possible sur place), on s’engage avec bonheur sur l’un des trois parcours qui s’offrent aux promeneurs. Touristes, chasseurs d’images, spécialistes, chacun y flâne à son rythme. Dans un bosquet, un couple de mésanges grappille des baies rouges, dans le ciel passent des cigognes. « Regardez là-bas ! Des hirondelles rustiques partent hiverner vers l’Afrique centrale » s’enthousiasme à nos côtés, Philippe Carruette, responsable pédagogique du parc. Ornithologue, il est aussi l’un des vingt guides nature qui accompagnent les visiteurs. Leur maître-mot : le partage, leur credo : donner le goût du vivant et de la nature. Sur les sentiers et dans les postes d’observation, ces passionnés viennent à la rencontre du public, règlent une longue vue, apportent précisions, évoquent mille anecdotes.

N. Bryant

N. Bryant

UN ESPRIT AVANT-GARDISTE

Depuis quelques années, des changements se font cependant sentir. Philippe Carruette le constate à chaque saison : «Certaines espèces méditerranéennes passent l’hiver chez nous, d’autres plus au nord ne descendent plus car il y fait moins froid moins souvent. Si certains oiseaux s’adaptent à ces nouvelles conditions, d’autres risquent malheureusement de disparaître». Site du Conservatoire du Littoral géré par le Syndicat mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard, le parc du Marquenterre constitue depuis plus de quarante ans un espace protégé. Une position avant-gardiste qui prend toute sa dimension en cette période de réchauffement climatique, où la préservation de la nature devient l’affaire de tous.

 

UNE FAUNE ET UNE FLORE PRÉSERVÉES

Alexander Hiley

Alexander Hiley

Plus de 300 espèces d’oiseaux sont ici régulièrement observées. Mais pas seulement. Au fil de la promenade on peut aussi rencontrer le lézard vivipare et la verte rainette, déceler des empreintes de chevreuil ou de sanglier et se familiariser avec la flore spécifique telles que la Parnassie des marais ou les orchidées de marais. Né du désir de son fondateur, Michel Jeanson, de reconvertir dans les années 70 son domaine agricole en terre d’accueil des oiseaux, le Marquenterre offre un havre de paix où spatules, hérons et autres créatures ailées peuvent faire escale lors des migrations, hiverner ou nidifier en toute tranquillité.

GRAND-LAVIERS, L’AUTRE PARADIS DES OISEAUX

A quelques encablures de la Baie de Somme, près d’Abbeville, se cache un lieu méconnu, la réserve ornithologique de Grand-Laviers. Ouverte au public depuis quatre ans, elle offre sur 40 hectares un écrin de verdure où les oiseaux sont rois.

Teddy Henin

Teddy Henin

UNE ANCIENNE FRICHE INDUSTRIELLE

Qui pourrait penser que nous sommes ici sur le site d’une ancienne sucrerie ? Trois des bassins de décantation qui recueillaient les eaux de lavage de betteraves de l’usine d’Abbeville, ont été réhabilités en 2010 par la Fondation pour la Protection des Habitats de la Faune Sauvage et la Fédération des chasseurs de la Somme. Ils se sont métamorphosés en un refuge où les oiseaux trouvent quiétude et nourriture. « Une façon de rendre à la nature ce qu’elle nous a donné » formule joliment Thierry Delefosse, directeur de la Fédération des chasseurs, qui veillent à l’équilibre de ce territoire.

DES PLANS D’EAU VARIÉS

Bien à l’abri de digues végétalisées, les bassins, de profondeurs différentes, offrent des biotopes d’une incroyable richesse. L’eau, pompée dans le canal de la Somme tout proche, permet de maintenir des niveaux aquatiques suffisants. Des îlots propices à la nidification, soigneusement entretenus, font chaque saison, le bonheur des échasses, avocettes et autres créatures ailées. Plus de 180 espèces d’oiseaux viennent s’y ressourcer ou hiverner.

Publié le 20/09/2018 par Elise Bastien
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