Gravelines, balade autour d’une étoile

C’est une ville surprenante. Posée sur ses fortifications, elle révèle, à qui la regarde de haut, ses mensurations parfaites d’étoile. Gravelines, cité forgée par l’eau et la pierre se découvre à pied, à vélo et en bateau, et en particulier les 29 et 30 avril, pour les Journées eurorégionales des villes fortifiées.

Gravelines

Un belvédère sur l’histoire

belvédère

C’est la seule ville fortifiée dont on puisse faire le tour en bateau. Juste avant d’embarquer, le belvédère, à deux pas de la Grand Place, offre une vue superbe sur le chenal de l’Aa, qui mène tout droit 3 km plus loin au phare, à la mer et à l’autre partie de la ville, Petit-Fort-Philippe. Hélène, notre guide du Pôle animation du Patrimoine, nous embarque dans l’histoire mouvementée de la cité, fortifiée au XIIe siècle par le comte de Flandre Thierry d’Alsace, renforcée par Charles Quint puis perfectionnée par le célèbre Vauban. Le gouverneur de Gravelines est ressuscité lors de visites guidées en costume ! Il vous expliquera en personne comment il a conçu d’ingénieux systèmes hydrauliques pour inonder facilement les bords de la cité. Dans le corps de garde du belvédère, arrêtez-vous pour l’expo de peintures d’Yves de l’Aa.

Sur le chemin de Ronde

Chemin ronde

La balade se poursuit sur le chemin de ronde. Quelle nature… Une reconquête verte sur des vestiges militaires parfaitement préservés. La ville a conservé ses murailles, faute de budget pour un démantèlement prévu au début du XXe siècle. Une aubaine pour
nous aujourd’hui, d’autant que la ville a su mettre en valeur ces vestiges. Nous voilà au jardin de la Poudrière Carnot, superbe petit éden vert avec ses carrés potagers. Ici, chacun est libre de se servir en laitue, radis ou petit pois. Les troubadours de Gravelingues s’y produiront le dimanche après-midi.

Un petit tour en barque

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L’embarcadère nous tend les rames. Pour les plus contemplatifs, les barques à moteur électriques offrent une paisible balade et une vision inédite des murailles, au pied de leurs 6 mètres de hauteur. Cascades de lierre et de giroflées ponctuent de couleurs les briques de sable qui connurent trois sièges au XVIIème siècle, pour devenir définitivement françaises en 1659 avec le Traité des Pyrénées. Ouvrez l’oeil. Vous allez découvrir un à un les trésors de la ville. La silhouette d’une vigie (sculpture de Charles Gadenne) annonce l’Arsenal et le musée. Voilà un clocher, celui de l’église Saint-Willibrord, dont les murs résonneront du son des harpes le vendredi 28 avril. Cette petite tourelle, c’est l’emplacement du demi-bastion, une salle souterraine découverte en 2004 et qui se dévoile seulement quelques jours pendant l’année…

Festival de nature et de culture

Nature Gravelines

Revenus à notre point de départ, la Porte aux Boules – autrefois l’un des deux seuls accès pour pénétrer à l’intérieur de la ville – notez de repasser ici cet été pour le son et lumières « Pêcheurs de Temps ». Du 24 août au 2 septembre, cette grande fresque historique rassemble 350 figurants et 1 500 costumes pour deux heures de spectacle retraçant 1 000 ans d’histoire. Ebouriffant ! En attendant, ce sont les Dragons du Cormyr, une troupe de sœurs saltimbanques qui fera le show pendant le week-end des villes fortifiées. Après une pause bucolique au charmant jardin de la Liberté, riche de ses arbres remarquables et fleurs de toutes les couleurs, vous rejoignez la place, qui sera animée par un grand jeu de l’oie avec des défis et des énigmes aux coins de la ville, une exposition à la mairie sur le centenaire de la Grande Guerre et le chrome des voitures anciennes de Dunkerque Torpédo.

Pas de la poudre aux yeux

Dernière étape, le musée du dessin et de l’estampe originale. Un site étonnant, édifié dans une ancienne poudrière. Les deux niveaux qui servaient autrefois à abriter poudre et artillerie offrent aujourd’hui un visage bien plus pacifique grâce aux collections du musée du dessin et de l’estampe originale. Le seul de France à être entièrement consacré aux arts graphiques. A voir en ce moment, la grande rétrospective de l’œuvre de Terry Haas et l’exposition consacrée à Mireille Baltar, deux grands artistes aux univers bien différents. La première s’inscrit dans le mouvement de l’art informel des années 60 et subjugue par ses paysages lyriques où l’abstraction rejoint le fantastique. L’autre a fait de la gravure sur carton, une rareté, sa spécialité. On plonge avec délice et frissons dans un univers où le conte se pare d’ombres conscientes issues de l’inconscient.

Publié le 05/12/2017 par Elise Bastien
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