Les rêves textiles de Sylvie Facon

Connue mondialement pour être « la styliste qui raconte des histoires avec ses robes », la créatrice Sylvie Facon est une artiste unique et inclassable. Elle nous a ouvert les portes de son atelier arrageois le temps d’une visite pleine de rêve et de douceur, dans des froufrous de dentelle et de matières incroyables. 

J’ai commencé à peindre sur une robe, c’est devenue un support, comme peut l’être une toile.

« Les Dentelles du Presbytère : Sylvie Façon a installé son atelier au rez-de-chaussée de cette belle maison ariégeoise de 1726, pleine de charme et de cachet. Jack le Maine Coon et Biboune le Chartreux, ses compagnons félins, nous précédent de leur démarche racée dans cet endroit extraordinaire. Des robes sur mannequins, des bobines superposées en hautes tours jusqu’au plafond, des croquis et dessins annotés, des livres anciens, des fils de couleurs, des tissus chatoyants… on se croirait dans l’atelier d’une fée.

Un talent incomparable

Créatrice, styliste et modéliste : du croquis jusqu’au dernier point, Sylvie Facon réalise, seule, toutes ses robes, sur commande pour des clientes ou dans une démarche personnelle purement artistique. Comme si une bonne fée s’était penchée sur son berceau, elle a développé seule ce don de créer des oeuvres d’art textiles. Avec simplicité, elle raconte : « avoir toujours été fascinée par la peinture, la couleur, le monde végétal. Je cherchais un mode d’expression original. Un tableau c’était réducteur, je voulais aborder un véritable travail de plasticienne. C’est ainsi que j’ai commencé à peindre sur une robe, devenue un support, comme peut l’être une toile ». Dentelle, tulle, organza, taffetas ou velours de soie, mais aussi coton tissé, sisal, crin plat, résille, toile de jute ou brocart : sous ses doigts toutes les matières se transforment en robes de rêve.

Une émotion universelle

Ses robes véhiculent de l’harmonie, de l’émotion. « Créer quelque chose d’équilibré, d’harmonieux, de doux, de poétique, que l’on soit Anglais, Russe, Français, Américain, c’est ma volonté essentielle. Ce n’est ni complètement du steampunk, ni complètement de la fantasy ou du floral, mais un mélange de tout cela », poursuit Sylvie. On la demande partout pour des défilés, des expositions dans des musées, des cours dans de grandes écoles de stylisme dans le monde entier. C’est après 30ans d’une première vie professionnelle qu’elle se lance à son compte. Elle raconte avoir développé une grande capacité d’écoute, décuplée par son empathie naturelle et son ouverture aux autres.

© Sylvie Facon

Des robes d’un jour…

Ce jour-là, elle met la touche finale à une robe de mariée. « Il faut comprendre la personne, son projet, sa morphologie, ses envies », raconte-t-elle. Ses robes sont ainsi parfaitement adaptées à la morphologie de la future mariée, comme une sculpture. Aucun point n’est visible, les dentelles de Lyon et de Chantilly de la Maison Jean Bracq et la tulle illusion se fondent ainsi comme si la robe avait été cousue à même la peau : « le travail de création doit être absolument invisible à l’œil ». Le résultat est d’une légèreté folle, tout en jeux de transparence, avec beaucoup d’élégance. Celle qui aime tant les couleurs pour ses créations personnelles, s’adapte au thème du mariage. Elle imagine d’infinies teintes de blancs cassés, et des nuances douces, du vanillé au rosé, obtenues parfois avec des infusions de thé…

…Et des robes de toujours

L’aventure des robes artistiques a commencé avec une robe conçue comme hommage à la ville d’Arras. Postée sur Instagram, la photo a un retentissement inouï. La robe trône dans l’atelier. Sur le corset, Sylvie a peint le beffroi et les maisons des places arrageoises. Une série de robes concrétise ce projet fou de faire défiler sa ville dans le monde entier. Juste à côté, voilà l’incroyable robe-violon, le fruit du coup de coeur de Sylvie pour le courant steampunk. « Oui, j’ai découpé ce violon avec une scie à chantourner, sourit-elle. Et sur le corset, j’ai incrusté la façade de l’instrument, que j’ai remontée comme un puzzle ! ». Des partitions dessinent sur la jupe une symphonie textile encore jamais vue. Il y a la série des robes « Couleur du temps », un hommage à l’horloger arrageois Bernard Sénéca et bien sûr la saga des robes livres.

« Comme si la robe avait été cousue à même la peau… »

Une créativité sans limites

Du coup de cœur pour l’univers de la Grande Librairie d’Arras, Sylvie a imaginé une incroyable série de robes-livres. « Pour la première robe, chapitre 1, j’ai pu choisir une quinzaine de livres anciens dont les tranches et couvertures forment le corset. Puis l’histoire se poursuit avec une dentelle de Lyon dite tombée de métier, brute. » Soit 47 mètres de tissu, une splendeur ! Un storytelling textile était lancé. Ces compositions millimétrées demandent entre 150 à 350 heures de travail. La dernière, postée sur son compte Instagram, « Chapitre 5 : Je peux lire en toi comme dans un livre ouvert » est une prouesse. Un livre ancien de 12 kilos évidé compose une robe corsetée en dentelle, crin plat, tulle de soie et strass.

Enfilée, elle transforme ses modèles femme livre ! La romancière américaine Jodi Picoult a ainsi été séduite par le concept et a commandé à Sylvie une robe live sur mesure. Sylvie nous a fait une confidence… Le chapitre 6 est déjà en préparation : « Ce sera une robe qui mêlera ainsi l’univers du mariage et du livre. Une robe « Notre histoire » qui raconte leur histoire, en plusieurs tomes ! » Vous êtes impatients ? Nous aussi ! Rendez-vous prochainement sur sa page Instagram…

© Sylvie Facon

Ambassadrice de la dentelle régionale

Sa passion des belles matières naturelles est un véritable manifeste pour le savoir-faire ancien et local. Dans le parcours de Sylvie Facon, la rencontre avec la Maison de Dentelle Jean Bracq à Caudry a été décisive. Elle en est ainsi devenue l’ambassadrice. « Le savoir-faire dentellier me passionne pour sa qualité, sa beauté, ses couleurs, sa finesse, il mérite d’être défendu et sauvegardé ». La Maison Jean Bracq perpétue cette tradition française depuis 1889, avec 40 métiers Leavers.

Un livre :

« Arras & le Pays d’Artois sous la griffe de Sylvie Facon ». Cet ouvrage présente quarante créations pour une traversée inédite et originale de l’univers créatif de Sylvie et des beaux lieux du pays d’Artois.

100 000 followers sur Instagram. Son compte compte des followers de Singapour à New York en passant par Los Angeles ou Moscou. Chacun de ses posts, tous les 15 jours environ, fait le buzz.

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