Escapade à  » POP « 

C’est ainsi que les Britanniques surnomment Poperinge. Cette ville flamande particulièrement accueillante a beaucoup d’atouts. Une histoire riche, une nature exubérante, et un sens de l’hospitalité à apprécier au cœur de bonnes adresses gourmandes.

Escapade

A un jet de la frontière, Poperinge cultive un certain art de vivre fait de courtoisie conviviale, de bonhommie brassicole et d’ouverture à l’autre… En ce vendredi de juin écrasé de soleil, cette incursion sent presque les vacances au l des routes bordées de champs de houblon en pleine croissance (10 cm par jour !), du marché hebdomadaire et ses odeurs de eurs, légumes et rôtisseries… Si les Britanniques plébiscitent cette cité, c’est pour tout cela mais aussi parce que la ville abrita jusqu’à 250 000 soldats du Commonwealth pendant la Première Guerre mondiale. Ici, le tourisme de mémoire se mêle au tourisme brassicole.

Couple

Du drap à la bière

du drap à la bière.png

Prenez le temps de découvrir l’histoire de Poperinge depuis
la Grand’Place. La mairie de style néogothique, l’église Saint- Bertin du 13e siècle, et la statue de Ghybe par De Gheus. Elle fait référence à la dispute entre Poperinge et les villes d’Ypres, Bruges et Gand concernant le commerce du drap : au 14e siècle, Poperinge doit abandonner son activité textile et se focalise sur la culture du houblon. Autre sculpture amusante,
la jeune serveuse dorée devant le restaurant La Poupée. Elle rappelle l’histoire de la lle des propriétaires pendant la Grande Guerre, Eliane Cossey, une rousse surnommée « Ginger » par les soldats du Commonwealth qui voyaient en elle leur propre lle restée au pays. Une gure locale restée très populaire en Grande-Bretagne… Côté restaurants et hébergements, vous aurez le choix ! Au Café de la Paix, on se régale des produits locaux, du Hennepot, le pot’je vleesh local, des jets de houblon en mars et du saumon fumé par le chef Koen Sambaer. L’hôtel est idéal pour poser ses valises et découvrir en louant l’un de leurs Vespas !

Enclave britannique

enclave britannique.png

A deux pas de la Grand’Place, la rue Gasthuis mène vers le musée du houblon. Vous passerez avant devant la pâtisserie Sanssen qui propose la tarte Mazarine, délicieux dessert local. Et vous vous arrêterez à la Talbot House. Ici, d’autres pâtisseries et un thé anglais exquis vous attendent, servis ce jour-là par Shirley et John, hôteliers britanniques bénévoles. Car cet endroit est géré par une association mi-anglaise, mi-belge. Il retrace l’histoire extraordinaire de deux aumôniers britanniques qui décident, en 1915, d’offrir aux soldats un endroit civilisé, un havre de repos pour oublier un temps l’horreur des combats. Dès 1929 elle devient une maison d’hôtes appréciée par les familles venues se recueillir sur la tombe de leurs proches disparus. L’endroit a gardé son authenticité de l’époque avec la chapelle sous les combles, les petites chambres, le jardin anglais… Dans un ancien hangar à houblon, une exposition permanente revient sur la Grande Guerre à Poperinge.

Houblon mon amour

Houblon 1 houblon 2

La visite du musée du houblon commence… au 3e étage ! Tout en haut du Stadsschaal, un impressionnant bâtiment où était autrefois pesé, contrôlé et entassé le houblon avant de partir en brasserie. Au l de la descente, on apprend que Poperinge cultive cette plante grimpante depuis le Moyen-Age en raison d’un terroir propice. Il reste aujourd’hui 17 houblonniers pour 138 ha mais au tournant du XXe siècle, les perches s’étendaient sur près de 800 ha dans le secteur. Les machines agricoles illustrent le passage de la cueillette à la main à la mécanisation vers 1960. Vous saurez tout aussi sur les mystères du cône et sa poudre (magique) la lupuline qui donne l’amertume à la bière. Quant au folklore, il perdure avec la fête du Houblon, une édition triennale qui attire plus de 10 000 visiteurs. La visite se termine sur le « Wall of Bier », une présentation des 1944 bières que compte la production brassicole belge !

10 784

page1image2872.png

C’est le nombre de soldats qui reposent au Lijssenthoeck Military Cemetery, le 2e plus grand cimetière du Commonwealth War Graves en Belgique après celui de Passendale. La visite est passionnante, parce qu’au-delà des tombes, miroir effarant de la violence guerrière dans le Saillant d’Ypres, ce sont des histoires humaines qui ressurgissent.

De 1915 à 1920, sur 25 hectares (soit 50 terrains de foot), sont soignées ici plus de
300 000 personnes au cœur d’un immense hôpital dit d’évacuation. 30 nationalités sont représentées. L’histoire de chaque soldat inhumé a été retracée. Au Centre des visiteurs, une muséographie moderne raconte ces petites histoires de la grande histoire : celle du soldat Harry Potter, celle de Nelie Spindler, la seule femme inhumée ici, une in rmière touchée à 26 ans d’un éclat d’obus dans le dos, celle des ouvriers chinois morts de la grippe espagnole ou encore la venue altruiste de Marie Curie avec une voiture radiologique.

La tradition a du bon

page1image22960.pngQui dit terroir brassicole dit estaminets. Ils sont nombreux dans la campagne de Poperinge et il fait bon y terminer cette découverte autour d’une blonde rafraîchissante de l’Abbaye de Saint-Bernardus (la brasserie à Wattou se visite) ou
d’une Hommelbier. Si vous reprenez la route vers la France, arrêtez-vous juste avant l’ancien poste frontière de Callicanes à l’estaminet Au Nouveau Saint Eloi. De une parce que vous êtes en pleine campagne au cœur d’une bâtisse de 1832.
De deux parce qu’une carte de 180 bières vous offre un vrai voyage au cœur du meilleur de la tradition brassicole belge (à accompagner avec les tartines de fromage de Wattou, pâté et jambon à l’os). De trois parce que les propriétaires Frederic Leys et Olivier Truyaert perpétuent l’esprit authentique des estaminets d’autrefois dans cet établissement qui est une institution locale. Ils vous initieront au spectaculaire jeu de la Boule à l’oiseau et il est possible également de faire avec eux la Route des jeux populaires en calèche.

Publié le 05/12/2017 par Elise Bastien
S'inscrire à notre newsletter
OK