Tendance Kilims, le néo-ethique, c’est trés chic!

La déco joue les bohèmes et invite les kilims dans toutes les pièces de la maison. charivari de couleurs, mystère des symboles géométriques : l’Orient déroule ses charmes et nous envoûte. Véritable invitation au voyage, les tapis nomades renouent avec la tendance hippy chic et nous rendent un peu baba ! Par Sonia Sentic

Fauteuil Photos : Philippe Xerri – Fauteuil « Rock the Kasbah »

TISSEURS DE REVES…

Une envie d’exotisme, de voyages et de vintage ? partez loin sans vous éloigner de chez vous…Par petites touches, sans forcément changer toute la déco, osez la touche ethnique chic d’un kilim transformé en fauteuil ou en coussins accueillants. Laissez vous envoûter par les charmes de Byzance, initiez vous aux mystères et aux splendeurs des peuples nomades. Si vous êtes globe-chineur, vous aurez surement succombé à la beauté des kilims tissés dans les hauts plateaux de l’Anatolie et vendus dans les boutiques et bazars d’Izmir ou d’Istanbul. Pour ceux qui n’ont pas la chance de s’approvisionner à la source, des passionnés d’artisanat authentique sillonnent les routes et dénichent des pièces rares qui datent parfois de plusieurs dizaines d’années ou d’un siècle pour les tapis les plus rares.

Housse de coussin Kilimkaan Collection Nomade - Galerie TriffPhotos : Pierre Frey – Housse de coussin Kilimkaan Collection Nomade – Galerie TriffHousse de coussin Kilimkaan Collection Nomade - Galerie TriffPhotos : Pierre Frey – Housse de coussin Kilimkaan Collection Nomade – Galerie TriffHousse de coussin Kilimkaan Collection Nomade - Galerie TriffPhotos : Pierre Frey – Housse de coussin Kilimkaan Collection Nomade – Galerie Triff

L’ESPRIT NOMADE DANS LA MAISON

Aujourd’hui, les kilims quittent les sentiers battus du style « folklo » prisé dans les années 70; L’ethnique devient très chic et on le réinterprète façon 2012 : twister l’esprit oriental avec les codes du design contemporain et « glaouriser » nos intérieurs, voila la bonne attitude. La palette de teintes crayeuses et fondues de certains kilims très anciens adoucit les lignes anguleuses et les matériaux froids du style industriel. Les couleurs vives et contrastantes des kilims plus contemporains réveillent une pièce en manque de lumière et de chaleur. La matière brute de tissage très serrée apporte ce côté authentique et vécu qui manque parfois à certains intérieurs actuels : un supplément d’âme qu’insuffle un ouvrage chargé d’histoire et de culture. Les motifs géométriques et presque abstraits des kilims se marient avec bonheur aux intérieurs 50’s design et créent ainsi des ambiances atypiques et charmeuses. Certains tapis sont de véritables tableaux et rappellent la poésie de Klee ou les « clash colors » de Rothko. La souplesse des kilims permet de les accrocher aux murs comme des oeuvres d’art. Anciens ou récents, les kilims offrent des couleurs et des dessins uniques qui permettent tous les mélanges et métissages.

Chambre Galerie TriffPhotos : Galerie Triff – Kilim Project – Chambre Galerie TriffSac Kilim ProjectPhotos : Galerie Triff – Kilim Project – Sac Kilim Project

DOUCEUR DIVINE D’UN BOUDOIR ORIENTAL

Pour ceux qui aiment les « total look », transformer une pièce en petit palais aux couleurs épicées et à l’ambiance feutrée est une idée facile à réaliser pour mettre en valeur kilims et souvenirs de voyages. Murs brun rose pour la douceur, accumulations d’étoffes damassées et soyeuses aux allures précieuses, mille et un tapis au sol et aux murs pour un effet d’exubérance baroque. Quelques meubles en bois précieux, des objets souvenirs de voyages lointains, une lumière tamisée, un parfum qui plane : le voyage est à l’intérieur de la maison.

LES KILIMS CONTINUENT LEUR VOYAGE…

De nombreux créateurs sont tombés sous le charme des kilims durant un voyage en Turquie. Détourner l’usage des kilims en leur insuffl ant une seconde vie, c’est leur façon de rendre hommage aux peuples nomades. Les tapis deviennent sacs, vêtements, décoration… Le long voyage des kilims se perpétue à l’infini…

AU FIL DE L’HISTOIRE DES KILIMS…

« Kilim » est un mot Turc désignant la technique du tissage à plat, que l’on appelle aussi tissage tapisserie. Cette technique de fabrication permet un aspect plus souple et léger qui permettait ainsi un usage nomade aux populations d’autrefois. Son nom provient du persan Gelim et sert à désigner un tapis de laine à point plat qu’on trouve principalement au Proche-Orient, dans le Caucase et en Asie Centrale. Le kilim a vu le jour, il y a près de 10 000 ans comme l’attestent de nombreux vestiges. Le berceau de cet artisanat est l’Anatolie. Les peuples nomades qui tissent les kilims enrichissent leur savoir-faire et leur imagination au gré de leurs voyages… Comme dans les Balkans où les Kilims se parent de fleurs et de couleurs vives et en Iran où les motifs plus symboliques sont presque abstraits. Les tribus nomades ou semi-nomades tissaient leurs kilims avec de la laine de mouton depuis leur sédentarisation, ils utilisent également du coton, essentiellement pour les fils de chaînes et parfois en fils de trame pour créer un contraste dans le motif.

USAGE DU KILIM

Autrefois, les kilims étaient tissés pour un usage quotidien : couverture, tapis pour protéger le sol des yourtes ou des mosquées mais aussi sac à blé, tentures, berceaux… Tissés par les jeunes filles pour leur trousseau de mariage, certains kilims étaient d’une rare beauté, ils étaient même conservés dans des coffres comme de véritables trésors qui pourraient être échangés en cas de besoin. C’est ce passé de la vie nomade que les occidentaux recherchent quand ils achètent un kilim. Chaque motif est issu d’un symbole qui se décline sous de nombreuses formes. Figures abstraites et géométriques pour les musulmans sunnites, ou animaux stylisés pour les musulmans chiites, ces symboles d’origine nomade sont l’expression de croyances et superstitions. Les motifs changent selon les tribus et les villages ce qui permet de situer géographiquement l’origine du kilim, ou de reconnaître l’ethnie l’ayant fabriqué. Leur composition est l’oeuvre de chaque tisserande qui s’inspire des traditions de son village ou de sa famille.

LES COULEURS DES KILIMS

À l’origine les couleurs étaient purement végétales, minérales et animales. Les plantes qui servaient à teindre les laines étaient ramassées par les nomades lors de leurs déplacements, aujourd’hui cette connaissance des plantes se raréfie. Les pigments étaient préparés artisanalement par décoction, macération, et autres procédés naturels… Les matières premières étaient teintes dans des chaudrons, c’est ce qui apportait les nuances de couleurs dans la laine. Depuis 30 ou 40 ans, les colorants artifi ciels ont remplacé les pigments naturels. Les couleurs sont plus vives et brillantes.

Publié le 12/06/2012 par La rédaction
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